Un privilège, pas un fardeau : le parcours de Marc-Antoine Germain à la tête de Pièces d’auto MSH

Ce portrait fait partie d’une série où nous partageons le parcours de familles ayant complété Bâtir ensemble, le programme d’accompagnement de Familles en affaires – HEC Montréal pour les duos repreneur(e)/relayeur(e).

Marc-Antoine Germain avait 12 ans quand son père, Maxime, a ouvert le magasin Pièces d’auto MSH à Saint-Hyacinthe. Puis, Marc-Antoine avait 17 ans quand un deuxième magasin a ouvert à Drummondville. Aujourd’hui, à 25 ans, c’est lui qui dirige les opérations de cette seconde adresse.

Ce passage dans l’entreprise familiale s’est produit après un détour par les communications qui l’a mené, presque par hasard, à travailler au recrutement du programme Bâtir ensemble de Familles en Affaires – HEC Montréal bien avant d’y participer à son tour, comme repreneur cette fois. Tout est dans tout !

Mais même en connaissant le programme de l’intérieur, il était clair pour lui qu’il suivrait le parcours avec son père quand le moment serait venu.

Une entreprise bâtie dans un marché en pleine consolidation

Marc-Antoine a grandi dans le magasin de son père. Il en a été le premier employé, où il en construit littéralement les tablettes. Il faisait tout : livraison, représentation au comptoir, commis comptable et même appels de recouvrement.

En 2018, un deuxième magasin ouvre à Drummondville, géré à distance par Maxime avec l’aide d’un directeur sur place. Les deux magasins grandissent en parallèle de l’adolescence de Marc-Antoine.

Après le secondaire, où il se destinait à l’administration, Marc-Antoine se retrouve plutôt perdu à l’université. C’est le marketing et les communications qui finissent par capter son intérêt. Ce chemin le mène chez Familles en affaires – HEC Montréal, qui cherchait justement quelqu’un pour le rôle de responsable des communications. Parmi son mandat : le recrutement des participants au programme Bâtir ensemble.

Un repreneur qui savait déjà à quoi s’attendre

Contrairement à bien des repreneur(e)s, Marc-Antoine n’a donc pas découvert le programme au moment d’y penser pour lui-même. Il en connaissait déjà les rouages de l’intérieur. Ce passage l’a aussi confronté à un malaise plus large, qu’il attribue en partie à un réflexe culturel bien de chez nous. Selon lui, nous avons, au Québec, l’impression qu’on ne mérite pas de reprendre quelque chose qu’un autre a bâti avant nous. À force de côtoyer les cohortes et de travailler sur les programmes, cette perception a changé.

« C’est un privilège qu’on a », dit-il aujourd’hui. « Si t’as la chance que ça te tente comme domaine, saute dedans. C’est un terrain de jeu. »

C’est donc lui qui a insisté pour que son père l’accompagne dans Bâtir ensemble. C’était une condition avant d’entamer sérieusement les discussions de rachat. Le programme leur a surtout donné un espace pour des conversations qu’ils n’avaient jamais eues, sur le quand et le comment de la transition, mais aussi sur la façon de maintenir une frontière salutaire entre vie de famille et vie d’affaires.

Une idée toute simple, apprise avec leur intervenante, leur a particulièrement servi. Maxime et Marc-Antoine se donnent un temps et un lieu dédiés aux discussions d’affaires, plutôt que de les laisser s’infiltrer partout dans leur réalité familiale. Depuis, quand Marc-Antoine soupe chez son père, les 45 premières minutes sont pour le travail, puis le reste de la soirée appartient à la famille, sans une seule mention du magasin.

L’autre élément dont Marc-Antoine fait mention concerne le fait de voir les autres duos de la cohorte. Certaines familles semblaient prises dans des situations difficiles comme un parent qui répète qu’il passera le flambeau sans jamais fixer de date, ou un repreneur qui doute être dans les plans de son père pour la suite.

D’autres avançaient de façon décomplexée, et s’y comparer a permis à Marc-Antoine et son père de mesurer leur propre progression sans se sentir seuls dans leurs enjeux.

Le résultat le plus concret est venu de Maxime lui-même, dans une discussion marquante pendant le programme. Il a dit à Marc-Antoine que s’il voulait acheter l’entreprise, il pouvait le faire dès le lendemain, et que Maxime resterait disponible pour l’aider. Toutefois, la décision et la direction reviendraient désormais à Marc-Antoine. Pour Marc-Antoine, ce genre d’ouverture n’est pas donné à tout le monde.

Apprendre au gré des aléas de la vie d’entrepreneur

Marc-Antoine revient dans l’entreprise familiale en mai 2025, après une pause de près de deux ans. Quelques mois plus tard, le directeur qui gérait le magasin de Drummondville quitte, laissant un poste à combler que Marc-Antoine finit par occuper lui-même. Cela fait désormais un an qu’il gère seul les opérations du magasin, pendant que son père se concentre sur Saint-Hyacinthe.

Le plan de rachat, lui, se précise sans être encore coulé dans le béton : un horizon de cinq à sept ans, avec des détails à définir au fil des discussions amorcées grâce à Bâtir ensemble. Juste savoir qu’un horizon se dessine est une certitude qui n’existait tout simplement pas avant le programme.

Diriger ne s’est pas révélé du jour au lendemain pour Marc-Antoine. Apprendre à connaître chaque client avant de penser à déléguer, comprendre la structure des deux magasins, jongler avec les horaires et les imprévus. Tout ça, en plus de préserver ce qui distingue MSH des grands joueurs du secteur, notamment un service ultra relationnel, où un client peut appeler en pleine réparation et se faire livrer une pièce en quelques minutes à peine.

C’est cette proximité, plus que les chiffres, qui occupe désormais ses journées. La priorité actuelle de Pièces d’auto MSH est de faire croître la rentabilité du magasin de Drummondville avant de rouvrir la discussion sur la suite des choses. Soit l’ajout de personnel, une structure plus formelle, ou, éventuellement un troisième magasin.

Mais ce futur-là est maintenant entre les mains de Marc-Antoine. Et c’est bien là le privilège qu’il perçoit en reprenant l’entreprise familiale.

Vous êtes une famille en affaires et la relève commence à s’inviter dans vos conversations?

Les inscriptions pour la cohorte 2026-2027 de Bâtir ensemble sont ouvertes : famillesenaffaires@hec.ca