Des milliers de PME québécoises cherchent un successeur, mais où sont les repreneur.e.s?

Selon l’Indice entrepreneurial québécois 2022, 60 % des propriétaires de PME prévoient céder leur entreprise dans les dix prochaines années. C’est une vague. Une vague massive, annoncée, documentée, et pourtant, mais qui devient un torrent quand on le conjugue avec un autre grand problème.

Le Québec manque également d’entrepreneur.e.s, et surtout de repreneur.e.s. Ce déficit est en train de coûter cher à notre économie. C’est un problème de structure pour qualifier plus de repreneur.e.s, en les outillant et en finançant leur volonté de se lancer en affaires.

Et pour bien comprendre le cœur du problème, détaillons les trois avenues possibles pour une entreprise qui se cherche une succession.

Ce qu’on perd quand une PME ferme faute de repreneur

Les données de l’Indice entrepreneurial, et les autres données sur le repreneuriat sont claires : parmi les propriétaires qui prévoient passer le flambeau, les deux tiers n’ont aucun plan de relève en place.

Quand une PME ferme faute de successeur, c’est une équipe qui se disperse, un carnet de clients bâti sur des années de confiance, un savoir-faire souvent irremplaçable, et un ancrage dans une communauté régionale qui s’efface. C’est l’entreprise du coin de la rue, celle qui emploie vos voisins, celle que son fondateur a mise sur pied il y a trente ans.

Et bien que nous parlions beaucoup de création d’entreprises, nous parlons rarement de ce qui disparaît.

Ces fermetures arrivent discrètement, une à une et leur effet cumulatif sur le tissu économique québécois est réel, profond, et durable. Hélas, c’est le chemin choisi par beaucoup de propriétaires d’entreprises : fermer.

Pourquoi la relève traditionnelle ne suffit plus

Un type de relève qui a fait mouche pendant longtemps, c’est le modèle de la relève familiale ou intra entreprise. Qu’un fils ou une fille reprennent l’entreprise des parents, ça existe même encore, mais il et elle ne peut plus porter seul le poids de la transition.

Une autre solution aussi utilisée c’est la vente à des fonds étrangers ou à des consolidateurs. Une solution qui n’est pas neutre non plus. Ces acquisitions transfèrent la propriété, mais pas toujours l’ancrage, puisque les décisions se prennent maintenant ailleurs, et les emplois aussi se délocalisent parfois.

Il existe pourtant un angle mort dans ce portrait. Des milliers de professionnels d’expérience, des anciens dirigeants, des cadres supérieurs, des gestionnaires aguerris, qui possèdent exactement les compétences nécessaires pour reprendre et faire croître une PME. Ils et elles ont dirigé des équipes, géré des budgets, traversé des crises, et cherchent maintenant leur prochain défi.

Le problème? Personne ne leur a jamais dit que la reprise d’entreprise était une option sérieuse pour eux. Personne ne leur a fourni le cadre, les outils ou le financement pour y arriver.

Ce n’est pas un manque de talent. C’est un manque d’infrastructure.

HEC Montréal souhaite développer cette troisième voie

Ailleurs dans le monde, des institutions comme Harvard, Stanford, INSEAD ou London Business School ont depuis longtemps structuré ce qu’on appelle l’entrepreneuriat par acquisition. Cette approche forme des professionnel.le.s qualifié.e.s à identifier, financer et reprendre des entreprises existantes à fort potentiel.

Au Québec, ce modèle n’existe pas encore, jusqu’à maintenant.

Familles en affaires, au sein du pôle entRepreneuriat de HEC Montréal, s’apprête à lancer R+: un programme inédit qui forme et accompagne des professionnels d’expérience dans la reprise de PME québécoises à fort potentiel de croissance.

Cette formation intensive offrira un accompagnement structuré, et un accès à un écosystème d’investisseurs qui rendent la reprise possible concrètement.

Ce parcours débutera bientôt, et nous avons besoin de vous pour signifier votre intention de vous lancer.

Le Québec a besoin de repreneurs. R+ est là pour en former.