Sans le savoir, pendant les 50 dernières années, la famille Néron de Cycle Néron s’est préparée à la crise que nous vivons actuellement. Plus récemment, plusieurs projets intrapreneuriaux menés par la 3e génération de l’entreprise ont d’ailleurs été déterminants à cet égard.  L’équipe de Familles en affaires a voulu en apprendre davantage en discutant avec Chloé Néron, une des repreneurs de cette 3e génération.

Familles en affaires : D’abord Chloé, nous aimerions savoir, comment va Cycle Néron?

Chloé Néron: Nous avons vécu le plus gros rush de l’histoire de l’entreprise depuis la réouverture « post-Covid » de nos portes en mai dernier; nous avons eu des files de clients comme jamais auparavant. Nous nous sommes « revirés de bord » rapidement. C’est ça qui est bien de l’entreprise familiale; on ne s’est pas posé de questions, et on a tous trouvé des solutions. Mon cousin et moi ont répondait au téléphone pour vendre les vélos, et mon oncle et mon père effectuaient les livraisons. Chez nous, on ne se pile pas sur les pieds, chacun trouve sa place, nous avons une complémentarité .

Le clin d’oeil d’Annie
Les effets de la crise de la Covid ont fait ressortir de très belles caractéristiques des entreprises familiales, comme, entre autres, les capacités d’adaptation, de flexibilité, et de réaction en « temps réel » aux besoins de la clientèle. On remarque aussi le « mode solution », propre aux entrepreneurs. Également, une des forces d’une équipe de repreneurs est la complémentarité des talents, que l’on sent dans les propos de Chloé.

Familles en affaires : Selon toi, est-ce que cela fait une différence d’être une famille en affaires en temps de crise?

Le clin d’oeil d’Annie
Selon une étude réalisée par PwC suite à la crise de 2008-2009*, la très grande majorité des dirigeants déclarent que le caractère familial de l’entreprise leur a permis de mieux traverser ces bouleversements. Être une famille en affaires procure un capital humain loyal et dévoué, capable d’efforts soutenus. Chloé en témoigne concrètement aujourd’hui!

Familles en affaires : Peux-tu nous parler du premier projet qui t’a été confié dans l’entreprise familiale suite à tes études universitaires?

Chloé Néron : Chaque année, nous faisons une vente de fin de saison. Durant un souper familial suivant la fin d’une de ces ventes, je me souviens que mon père a dit : “Il faut couper des coûts à deux endroits : la production de la paie, et l’inventaire.” Je voulais un système spécifique, en prévision de préparer par la suite le Ecommerce… mon deuxième gros projet.

Familles en affaires : Qu’est-ce que ces projets t’ont permis d’accomplir et d’apprendre en tant que repreneure?

Chloé Néron : J’ai géré le projet moi-même, j’ai eu à prendre de grosses décisions, qui représentent de gros montants d’argent; j’ai vécu des journées plus stressantes que d’autres. Mon père m’a laissée aller et m’a confié le projet. Je n’ai pas eu « carte blanche », mais il m’a laissée de l’espace pour réaliser mon projet.

J’ai plongé sans trop savoir, et j’ai fait quelques erreurs en cours de route; je vais mieux me préparer et m’équiper pour la prochaine fois. Ce qui m’a le plus frustré dans mes projets a été de prendre des décisions sans savoir dans quoi je m’embarquais. D’ailleurs, en participant au Circuit, j’ai compris que je n’avais pas fini d’apprendre! J’ai envie de me perfectionner encore à l’extérieur de l’entreprise, d’aller me chercher des outils supplémentaires, et de pouvoir prendre des décisions plus éclairées. Je commence un microprogramme en commerce électronique à HEC Montréal en septembre prochain!

Le clin d’oeil d’Annie
Confier aux repreneurs des projets intrapreneuriaux importants pour la régénération et la croissance de l’entreprise, en les encadrant et en les supportant, est un véritable moyen concret de préparer la relève à diriger l’entreprise, et à être « entrepreneur ». Il en va de la crédibilité et de la légitimité des repreneurs auprès des équipes de travail, et au sein de l’organisation.

Familles en affaires : Quels ont été tes trucs pour te remonter le moral, dans la gestion de ces projets qui a été en « dents de scie »?

Chloé Néron : La famille ! Ma grande sœur est bonne là-dedans, c’est une maman dans l’âme. Elle m’a aidée à dédramatiser et elle est toujours rassurante. Je sais que lorsque je vis du stress, c’est parce que je me sens seule, et que tout le fardeau à gérer est sur mes épaules : en parler aux autres désamorce tout cela.

 

Le clin d’oeil d’Annie
Les membres de la famille, même s’ils ne travaillent pas dans l’entreprise, sont d’excellentes ressources pour accompagner ceux/celles qui y travaillent. N’oublions pas qu’ils possèdent la culture, et les valeurs familiales…Ils ont « baigné dedans »! Ils sont juste assez « proches », avec une dose d’objectivité externe, parfois nécessaire. Le mentorat est un autre très bon moyen de se faire aider, tout comme les groupes d’intérêt.

Famille en affaires : En terminant Chloé, est-ce qu’il y a eu un super héros au sein de votre entreprise, qui a émergé dans la gestion de cette crise?

Chloé Néron : Tout le monde m’a surpris! Ma sœur a un enfant à la maison; elle s’est occupée du clavardage sur le site. Elle vendait les vélos en ligne, et elle nous appelait pour qu’on finalise la transaction. Mon autre sœur a décidé de venir faire la caisse les samedis pour nous aider. Ma mère a tout fait à la maison pour que nous n’ayons rien à faire une fois de retour : notre lavage, notre souper, etc. Nous avons travaillé des heures de fou, et nos employés ont suivi. Ils étaient partants, malgré le fait que ce n’est pas une situation facile. Bref, la crise a montré la force de notre équipe!

Le clin d’oeil d’Annie
Sans que ce soit « scientifique », mes observations durant la crise ont démontré qu’effectivement, l’ensemble des membres du clan familial ont aidé et mis l’épaule à la roue dans plusieurs entreprises, même s’ils n’y travaillent pas au quotidien. En avril dernier, j’ai écrit : l’urgence de la pandémie a appelé le caractère innovant et résilient de la famille en affaires. Dès lors, on parle du capital de « survivabilité » des entreprises familiales. En voilà un exemple tangible, très bien exprimé par Chloé!

En savoir plus sur Cycle Néron

Cycle Néron est une entreprise familiale de 3e génération fondée en 1970 par Monsieur Roger Néron. Ses quatre enfants, Marc, Jean-François, France et Carole ensuite ont pris la relève de l’entreprise de leur père. Aujourd’hui ses petits-enfants, Stéphanie, Joëlle, Chloé, Anthony et Mia travaillent également tous dans l’entreprise.

Avec cinq points de ventes sur la Rive-Sud de Montréal et environ 40 employés, l’entreprise vise à être la référence en vélo de route, vélo de montagne et hybride au Québec et dans la région du grand Montréal.