Par Catherine S Beaucage

Réputée pour la qualité et l’authenticité de ses produits, la Laiterie Coaticook est établie dans la région des Cantons de l’Est depuis maintenant plus de 77 ans. Dans le cadre de notre série, Les portraits d’entrepreneurs, j’ai eu le plaisir, il y a quelques semaines, d’échanger avec les filles de la troisième génération de la Laiterie Coaticook, Judithe, Myriame, Roxanne et Valérie.

À quel moment la Laiterie est entrée dans la famille Provencher?

3e génération : C’est en 1976 que notre grand-père, avec son associé Fernand Houle, achète la Laiterie qui avait été fondée par Messieurs Arthur Bédard, Arthur St-Cyr et Henri Gérin en 1940. À l’époque de sa fondation, la Laiterie se concentrait uniquement sur l’embouteillage et la distribution de lait. C’est en 1942 que la fameuse crème glacée de la Laiterie voit le jour.

Au moment de l’acquisition, notre grand-père et son associé décident de cesser la distribution du lait pour se concentrer uniquement sur la fabrication de la crème glacée et du fromage cheddar. Cette réorientation permettra à la Laiterie d’offrir des produits de qualité supérieure et d’ainsi faire sa place sur le marché.

À quel moment s’est déroulée la première transition intergénérationnelle?

3e génération : C’est en 1989 que notre père, Jean Provencher, et sa sœur Johanne achètent ensemble l’entreprise familiale.  Ils créent alors de nouveaux produits et font de multiples agrandissements. En 2009, notre père procède progressivement au rachat des actions de sa sœur. Il est depuis 2015 l’unique propriétaire de la Laiterie.

Et quand est-ce que vous avez joint l’entreprise?

3e génération : Nous avons commencé à travailler tôt dans l’entreprise, dès l’âge de 5 ans. Nous avons fait une panoplie de tâches. Nous avons, par exemple, classé des boîtes, fait des «popsicle», travaillé au bar laitier après sa fondation en 2004, nous avons aussi travaillé à la production du fromage et de la crème glacée. Quand nous avons été un peu plus vieilles, nous avons aussi eu des postes dans l’administration et avons fait le tour de la plupart des départements de l’entreprise.

Tranquillement, nous avons décidé de joindre l’entreprise familiale à temps plein; Roxanne et Myriame en 2014, Judithe en 2016 et Valérie devrait se joindre à l’entreprise en 2018.

Il y a clairement un contexte multigénérationnel dans votre entreprise, comment faites-vous pour bien le gérer?

3e génération : En effet, en plus de nous, les enfants de plusieurs de nos employés travaillent aussi dans l’entreprise. Le multigénérationnel est donc présent à plusieurs niveaux. Cela fait en sorte que l’expérience des seniors côtoie quotidiennement la nouveauté et le désir d’innover de la génération montante. Nous le gérons bien et c’est une force pour notre entreprise.

Nous avons beaucoup d’échanges avec notre père et l’équipe. Pour nous, la communication au quotidien est vraiment importante. Nous ne vous cacherons pas que comprendre les points de vue de chacun reste toutefois un défi de tous les jours.

Avez-vous toujours su que vous vouliez joindre l’entreprise familiale?

3e génération : Inconsciemment oui, car nous avons été élevées à la Laiterie. Pour nous, c’était naturel. Le temps passé à la Laiterie était du temps passé en famille, ce n’était pas du tout perçu comme du travail.

Nous avons aussi fait notre parcours académique en fonction de nos intérêts et des besoins de la Laiterie.

Est-ce que vous discutez ensemble de vos aspirations futures?

3e génération : Nous ne discutons pas vraiment de nos aspirations professionnelles entre nous, mais nous souhaitons commencer à le faire. Dans cet ordre d’idée, nous avons commencé à mettre en place un conseil de famille. C’est justement lors des rencontres du conseil que nous planifions aborder nos aspirations et nos réflexions respectives, mais aussi celles de notre père et de notre mère.

Avez-vous commencé à aborder le processus de transition?

3e génération : Nous sommes sur le comité de direction depuis un an ou deux environ et nous commençons à en parler. Le volet famille et le volet relève commencent à être de plus ne plus mentionné dans les réunions, mais tout est encore à bâtir.

Quels sont vos principaux défis pour les prochaines années?

3e génération : Nous voulons continuer à acquérir de l’expérience et continuer à bâtir notre crédibilité auprès des employés et des différents partenaires. Éventuellement, nous allons commencer à réfléchir à notre propre équipe de gestion.

Au niveau de l’entreprise, nous souhaitons consolider ce que nous avons déjà tout en développant de nouveaux marchés et en maintenant la qualité des différents produits de la Laiterie.

ps: La 4e génération arrivera en mai 2018!!!