Par Catherine S Beaucage, en collaboration avec Luis Cisneros

 

Ce n’est plus un secret pour personne, il est essentiel de préserver le tissu entrepreneurial québécois. Ayant un poids important dans l’économie du Québec, les entreprises familiales doivent trouver un moyen de préserver leur patrimoine.

La succession a longtemps été le seul élément pris en compte quand il était question de continuité dans les entreprises familiales. Toutefois, depuis quelques années, nous voyons de nouveaux modèles émerger.

Le dicton qui veut que la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre prend tout son sens dans le contexte des familles en affaires. En effet, nous remarquons que l’esprit entrepreneurial est très présent chez ces dernières, comme le démontre une étude selon laquelle les familles en affaires possèdent en moyenne 3 à 4 entreprises différentes.

Faisons donc le point sur les différentes formes d’entrepreneuriat qui peuvent émerger dans un contexte familial et qui permettent aux familles en affaires de perdurer à travers les générations.

Le repreneuriat

Il est question de repreneuriat lorsqu’un ou plusieurs individus choisissent ou sont choisis pour reprendre l’entreprise familiale. La reprise doit être faite dans une optique entrepreneuriale visant à développer, réinventer ou bien remettre à flot l’entreprise.

Le repreneuriat implique profiter du processus de succession pour remettre en cause le modèle d’affaires de l’entreprise, identifier des opportunités et innover pour assurer le développement et la pérennité de l’entreprise familiale. Le ou les repreneurs s’appuient sur le cœur de métier de l’entreprise pour renouveler le modèle d’affaires.

L’intrapreneuriat

Nous faisons référence à de l’intrapreneuriat lorsqu’un ou plusieurs individus identifient une problématique à résoudre ou une opportunité à développer à travers un projet entrepreneurial au sein de l’entreprise familiale. Ils participent ainsi à la croissance ou à la remise à flot de l’entreprise familiale visant à assurer sa pérennité. Dans ce cas de figure, un intrapreneur ou une équipe intrapreneuriale présente un projet qui met en place une innovation et qui est financé et conseillé par la famille en affaires.

En tant que génération montante, l’intrapreneuriat est une belle façon de faire valoir ses habiletés et d’ainsi tranquillement faire sa place au sein de l’entreprise familiale. De nombreux repreneurs ont fait leurs preuves, tout d’abord, en étant intrapreneurs.

L’extrapreneuriat

L’extrapreneuriat se veut à la suite de l’intrapreneuriat. En effet, nous sommes en contexte extrapreneurial lorsque l’initiative intrapreneuriale est amenée à l’extérieur de l’entreprise familiale. La famille en affaires lui apporte ressources matérielles, financières, techniques et/ou de l’accompagnement. Le résultat est alors une entreprise indépendante de l’entreprise familiale, mais liée à cette dernière en tant que fournisseur, client ou sous-traitant. La nouvelle entreprise est essaimée par l’entreprise familiale. Le terme anglophone «spin-off» est communément utilisé pour définir cette forme d’entrepreneuriat familial.

Dépendamment des situations, l’entreprise familiale peut rester propriétaire, en partie, de la nouvelle entreprise. Dans le cas où l’entreprise familiale est propriétaire, la nouvelle entreprise participe à la croissance du portefeuille de la famille en affaires.

L’entrepreneuriat

Nous sommes en contexte d’entrepreneuriat familial lorsqu’un ou plusieurs individus reçoivent des ressources matérielles, financières, techniques et/ou de l’accompagnement de la part de la famille en affaires pour démarrer un nouveau projet entrepreneurial. Dans le cas où l’entreprise familiale est copropriétaire de ce nouveau projet, la nouvelle entreprise participe à la croissance du portefeuille de la famille en affaires.

Bien qu’une partie de la propriété de l’entreprise puisse appartenir à la famille en affaires, ce projet est complètement indépendant de l’entreprise familiale. En d’autres mots, la nouvelle compagnie n’exerce pas dans le même secteur que l’entreprise mère et n’a pas de liens commerciaux avec elle.

Pour conclure, dans toutes ces situations, l’entreprise mère doit être vue comme un incubateur pour la jeune génération d’entrepreneurs. Que l’on parle de capitaux financiers, de capital social ou d’accompagnement, l’entreprise familiale et ses acteurs ont un rôle important à jouer dans la mise en place des nouvelles initiatives entrepreneuriales. S’il est clair que le maintien du tissu entrepreneurial québécois passe par le maintien des entreprises actuelles et la création de nouvelles entreprises, il est certain, vu leur poids économique, que les entreprises familiales ont un rôle central à jouer.